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Illustration du guide d’ORWL Avocats sur l’imposition des revenus perçus en cryptos : staking, minage, airdrops, lending et DeFi.
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12 octobre 2026

[Tutoriel] Déclarer ses revenus crypto (staking, minage, airdrops et DeFi) : guide pratique 2026

Alexandre Lourimi
Auteur
Alexandre Lourimi

L’impôt sur les revenus crypto frappe un jeton reçu en récompense deux fois, à deux titres différents : comme revenu à sa réception, puis comme plus-value à sa revente. Ce guide couvre le staking, le minage, les airdrops, le lending, la DeFi, les rémunérations en cryptos et les gains de jeux.

Il ne traite ni le calcul des plus-values de cession, détaillé dans notre tutoriel pour déclarer ses plus-values crypto, ni les donations et successions de crypto-actifs, pour lesquelles nos avocats fiscalistes crypto vous accompagnent.

Vous n’avez jamais déclaré ces revenus ?

C’est le cas le plus fréquent : beaucoup de détenteurs ignorent qu’un revenu est imposable alors qu’ils n’ont rien vendu. Les années non prescrites peuvent être corrigées, et une régularisation spontanée avant les premiers échanges d’informations prévus en 2027 par la directive européenne sur la coopération administrative (DAC 8) limite les pénalités.

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Quand un revenu en cryptos devient-il imposable ?

Un revenu en cryptos est imposable dès que la récompense est disponible, même si vous ne vendez rien. C’est sa valeur en euros à cette date qui entre dans l’assiette de l’impôt. Deux questions se posent donc : qu’est-ce qui rend le revenu imposable, et à quel moment précis.

Revenu crypto imposable sans revente

Percevoir des cryptos en contrepartie d’une activité, d’une mise à disposition de fonds ou d’une participation au fonctionnement d’un réseau, c’est encaisser un revenu imposable. L’administration raisonne en euros, indépendamment de ce que vous faites ensuite des jetons. Les conserver ne diffère pas l’impôt.

Une fois reçu, le jeton devient un actif de votre portefeuille. Sa revente ultérieure, contre euros ou en paiement d’un bien, relève alors du régime des plus-values de l’article 150 VH bis du code général des impôts (CGI).

Fait générateur des revenus crypto

Le fait générateur est la disponibilité de la récompense, et non sa revente. Une récompense est disponible dès que sa perception ne dépend plus que de votre volonté : la réclamer ou non ne change rien. Chaque récompense est donc valorisée en euros à sa propre date.

Cela rend la conformité particulièrement complexe lorsque ces revenus sont versés sur des fréquences très courtes, parfois pour de très faibles montants (staking, bloc par bloc, etc.). Chaque versement est un revenu distinct, à valoriser et à reporter, puis un élément du prix total d’acquisition du portefeuille.

Une lecture extensive de la décision du Conseil d’État de 2018, qui évoque les « gains issus d’une opération de cession », circule et décalerait l’imposition à la revente. Nous la tenons pour mal fondée en droit. Un amendement au projet de loi de finances pour 2024, non adopté, relevait d’ailleurs dans son exposé des motifs qu’une telle interprétation n’est pas permise à droit constant.

Quel régime fiscal pour les revenus crypto ?

La plupart des revenus crypto relèvent des bénéfices non commerciaux, faute de catégorie plus précise. Le régime se détermine en trois temps : la catégorie, le caractère professionnel ou non, puis le régime déclaratif. Ces trois choix fixent ensemble le taux et les obligations.

Catégorie d’imposition des revenus crypto

La catégorie ne dépend ni du protocole ni du type de jeton, mais de ce que vous avez fait pour obtenir le gain. Aucun texte ne la désigne : le raisonnement suit un ordre fixe.

  1. Une catégorie spécifique s’applique-t-elle ? Un paiement reçu de votre employeur reste un salaire, des intérêts de prêt restent des revenus de capitaux mobiliers. Des honoraires restent des BNC ou des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) : être payé en cryptos n’est qu’un mode de paiement.
  2. À défaut, la catégorie balai des BNC. C’est le cas du staking, du minage, des airdrops et, en principe, du farming.
  3. Si aucune catégorie ne peut être retenue, le gain échappe à l’impôt sur le revenu. C’est la situation des jeux de pur hasard. Le terrain est étroit : un tel gain peut être requalifié en libéralité, taxée à 60 %, ou en revenu d’origine indéterminée s’il n’est pas justifié.

Une même opération peut donc relever de régimes différents selon la manière dont elle est conduite. Le minage mené depuis une ferme et le cloud mining, où l’on se contente de placer du capital, ne sont pas traités de la même façon.

Article 92 du CGI et revenus crypto

L’article 92 du CGI impose le produit de « toutes occupations, exploitations lucratives et sources de profits » qui ne relèvent d’aucune autre catégorie. Il s’applique si le revenu est la contrepartie d’une activité personnelle et si sa source est susceptible de renouvellement. Il n’est pas nécessaire que le gain ait déjà été perçu plusieurs fois.

Le Conseil d’État l’a jugé pour le minage le 26 avril 2018 : les gains tirés de « la participation du contribuable à la création ou au fonctionnement » du système relèvent des BNC. Ni la loi PACTE ni aucune loi de finances n’ont codifié cette solution, ce qui laisse des zones grises.

BNC non professionnels ou professionnels

L’activité est professionnelle si elle est exercée à la fois à titre habituel et constant et dans un but lucratif. En matière de cryptos, le critère décisif est le caractère actif ou passif du comportement.

  • Le mineur peut relever des BNC professionnels ou non professionnels selon les cas : tout dépend des moyens engagés et de la régularité de l’activité.
  • Le stakeur délègue ses jetons en quelques secondes et réclame ses récompenses : comportement passif, BNC non professionnels en principe.

Le cloud mining, où l’on se contente de placer du capital, tend vers le passif ; les stratégies DeFi actives tendent vers l’actif. La distinction commande le sort des déficits : ceux d’une activité professionnelle s’imputent sur le revenu global, les autres sur des bénéfices de même nature, l’année même ou les six suivantes.

Micro-BNC crypto ou déclaration contrôlée

Le micro-BNC s’applique par défaut sous un seuil de recettes, avec un abattement forfaitaire de 34 %. La déclaration contrôlée permet de déduire les charges réelles, au prix d’une comptabilité.

Sources : CGI, art. 93, 96 et 102 ter.
Micro-BNCDéclaration contrôlée
ConditionRecettes annuelles ≤ 83 600 € (seuil 2026-2028)Au-delà du seuil, ou sur option
ChargesAbattement forfaitaire de 34 %, 305 € au minimumCharges réelles, justifiées
ComptabilitéAucuneComptabilité et registre des immobilisations
Amortissement du matérielNonOui
IntérêtPar défautSi les charges dépassent 34 % des recettes

Pour un mineur dont l’électricité et le matériel pèsent lourd, la déclaration contrôlée est souvent plus favorable. Pour un stakeur, dont les charges sont nulles, le micro-BNC s’impose.

Taux d’imposition des revenus crypto

Le revenu net est soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, de 0 à 45 %. S’y ajoutent les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine, au taux de 18,6 % depuis l’imposition des revenus de 2025 (loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, art. 12). Les intérêts de prêt suivent un autre régime, le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %.

Comment chaque revenu crypto est-il imposé ?

Chaque revenu applique les principes qui précèdent avec ses propres particularités. Le tableau les récapitule dans la situation la plus courante, puis chaque ligne est détaillée, avec les points sur lesquels la position du cabinet diverge de ce qu’on lit ailleurs.

Sources : CGI, art. 34, 79, 92, 124 et 125 ; analyse du cabinet pour les cas que la doctrine administrative ne tranche pas.
Revenu perçuCatégorieFait générateurAssiette
Staking, masternodesBNC, en principe non professionnelsDisponibilité de la récompenseValeur en euros à la disponibilité
MinageBNC, professionnels ou non selon les casDisponibilité de la récompenseValeur en euros à la disponibilité
Airdrop conditionné à une actionBNC non professionnelsMoment où les jetons sont claimablesValeur en euros à cette date
Airdrop purement discrétionnaireDiscuté, voir ci-dessous——
Intérêts de prêt (lending, Earn)Revenus de capitaux mobiliers, au PFU de 31,4 %Paiement ou inscription en compte des intérêtsValeur en euros à cette date
Farming, fourniture de liquiditéBNC non professionnels, en principeDisponibilité de la récompenseValeur en euros à la disponibilité
Salaire ou honoraires en cryptosTraitements et salaires, ou BNC ou BICVersementValeur en euros au versement
Gain de jeu de pur hasardHors champ de l’impôt sur le revenu——
Gain de jeu d’habileté, pratiqué en professionnelBNCPerceptionValeur en euros

Fiscalité du staking et des masternodes

Les récompenses de staking relèvent des BNC non professionnels, imposés à la disponibilité de la récompense. Elles rémunèrent un service de validation de blocs, n’entrent dans aucune catégorie spécifique et sont susceptibles de renouvellement. Les masternodes, qui reposent sur le même mécanisme de preuve d’enjeu, suivent le même régime.

Distribuées parfois plusieurs fois par jour, les récompenses doivent chacune être valorisées en euros à leur date. Un tableau de suivi tenu au fil de l’eau est la seule méthode qui résiste à un contrôle.

Côté taxe sur la valeur ajoutée (TVA), l’administration a écarté l’assujettissement du minage faute de lien direct entre la récompense et l’activité. Le même raisonnement devrait valoir pour le staking.

Fiscalité du minage de cryptomonnaies

Le minage relève des BNC, professionnels ou non selon les cas, imposés à la réception sur la valeur en euros des jetons reçus. C’est le régime le plus solidement établi, depuis la décision du Conseil d’État de 2018.

Exemple

Un mineur reçoit 10 BTC un jour où le bitcoin cote 50 000 €. Ses recettes imposables sont de 10 × 50 000 = 500 000 €, qu’il vende ces bitcoins ou non.

En BNC professionnels, la doctrine retient une valeur d’acquisition nulle pour les actifs attribués gratuitement. Appliquée à des récompenses déjà imposées à la réception, elle conduirait à une double imposition : nous la tenons pour contestable, et ce point doit être documenté avant tout contrôle.

Fiscalité des airdrops crypto

L’airdrop admet trois qualifications, et c’est l’origine du gain qui tranche. Celui qui récompense une action du bénéficiaire relève des BNC non professionnels ; celui qui ne récompense rien peut, selon une lecture risquée, échapper à l’impôt.

L’airdrop qui récompense une action (contributions au code, animation de communauté, usage intensif d’un protocole) relève des BNC non professionnels : ces actions sont renouvelables. Le rattachement professionnel suppose en outre un but lucratif, qui fait défaut lorsque l’éligibilité est décidée après coup par l’émetteur.

L’argument du hors-champ transpose la jurisprudence sur les jeux de hasard : l’action du bénéficiaire augmente ses chances d’être éligible, sans influencer la décision de l’émetteur. Nous la jugeons défendable, mais le risque qu’elle n’emporte pas la conviction du juge est élevé, surtout sur des montants importants.

La libéralité, taxée aux droits de mutation à titre gratuit à 60 %, est la troisième voie. Le risque nous paraît faible : l’émetteur ne cherche pas à s’appauvrir, mais à développer son protocole.

Notre recommandation sur les airdrops importants

Lorsque les montants sont élevés, l’incertitude ne se gère pas en choisissant un camp, mais en sécurisant la position. Deux outils se combinent : la demande de rescrit, qui engage l’administration sur sa position, et la mention expresse portée sur la déclaration.

La mention expresse dispense de l’intérêt de retard si la position retenue est finalement écartée (CGI, art. 1727, II, 1°).

Fiscalité du lending crypto et de la DeFi

Les intérêts d’un prêt de crypto-actifs sont, selon notre analyse, des revenus de créances soumis au PFU de 31,4 %. L’impôt est dû au paiement des intérêts ou à leur inscription en compte, y compris lorsqu’ils sont capitalisés. Leur valeur en euros à cette date devient leur prix d’acquisition.

L’article 124 du CGI vise les intérêts de toutes les créances, et l’administration retient une notion large : peu importent la nature du contrat, sa forme et le paiement des intérêts en cryptos (BOI-RPPM-RCM-10-10-40). L’alternative, retenue par d’autres lectures, est la qualification de BNC : barème progressif et 18,6 % de prélèvements sociaux. L’option globale pour le barème reste possible au titre des revenus de capitaux mobiliers (CGI, art. 200 A, 2).

Le prêt lui-même peut constituer une cession. Prêter des jetons fongibles s’analyse en principe en un prêt de consommation, qui rend l’emprunteur propriétaire des jetons prêtés (code civil, art. 1893). La mise à disposition risque alors d’être imposée comme une cession à titre onéreux, qui fait ressortir une fraction de la plus-value latente du portefeuille.

Lorsque la plateforme est établie à l’étranger, aucun prélèvement n’est opéré à la source sur les intérêts. En pratique, aucun acompte n’est versé : l’impôt est établi après la déclaration des revenus de l’année.

Les rendements de farming et la fourniture de liquidité relèvent en principe des BNC non professionnels, imposés à la disponibilité.

Les apports et retraits de liquidité sont risqués. Ils peuvent théoriquement s’analyser en une cession, puis en une acquisition, de crypto-actifs. Chaque apport pourrait alors constituer un fait générateur d’imposition au titre des plus-values, comme toute cession.

Salaire et honoraires payés en crypto

Un salaire versé en cryptos reste un salaire, imposé sur sa valeur en euros au jour du versement. Des honoraires d’indépendant restent des BNC ou des BIC selon l’activité.

Les sommes versées par l’employeur sont présumées constituer un salaire, mais pas les jetons reçus d’une fondation tierce. Pour un mandataire social, le rattachement au résultat de la société doit être examiné lorsque les opérations ne peuvent être séparées de son activité.

Imposition des gains de jeux en crypto

Le gain de pur hasard n’est pas imposable en lui-même, mais jouer en cryptos multiplie les cessions imposables. Les jeux de casino en ligne ne sont pas autorisés en France : cette section décrit un risque à régulariser, pas une stratégie.

L’administration admet depuis une réponse ministérielle de 1979 que les gains de loterie, de roulette ou de machines à sous échappent à l’impôt, leur source n’étant pas renouvelable. Il en va autrement du joueur qui maîtrise l’aléa par son habileté, dans des conditions professionnelles : le poker en ligne pratiqué à haut niveau est imposé en BNC.

  • Miser des cryptos est une cession à titre onéreux : chaque mise déclenche le calcul d’une plus-value sur l’ensemble du portefeuille.
  • Gagner des cryptos est une acquisition : le gain vient majorer le prix total d’acquisition pour les cessions suivantes.

Un gain dont l’origine ne peut être justifiée peut être taxé d’office comme revenu d’origine indéterminée, au barème progressif. Conservez les historiques et les attestations de gain. Pour les marchés prédictifs, voir notre analyse de la fiscalité Polymarket et des marchés prédictifs.

Pourquoi revendre ses jetons crée un second impôt

Revendre des jetons reçus déclenche un impôt sur la plus-value, même sans hausse de cours. La cession fait ressortir une fraction de la plus-value latente de tout le portefeuille, et non du seul jeton vendu. Le mécanisme tient en deux règles.

Prix d’acquisition des cryptos reçues

La valeur imposée comme revenu devient le prix d’acquisition des jetons reçus. Elle s’ajoute au prix total d’acquisition du portefeuille, et les jetons entrent dans sa valeur globale. L’article 150 VH bis retient, pour les acquisitions à titre gratuit, la valeur réelle au moment de l’entrée dans le patrimoine.

La valeur déjà imposée n’est donc pas taxée une seconde fois pour elle-même. Le calcul de la plus-value relève de notre guide sur le formulaire 2086 et la déclaration des plus-values crypto.

Revente immédiate des récompenses crypto

Vendre aussitôt les jetons reçus ne neutralise pas l’impôt sur la revente. La plus-value se calcule à l’échelle du portefeuille de tout le foyer fiscal : si le reste est en plus-value latente, la cession en extériorise une fraction proportionnelle. C’est cette seconde imposition qui surprend le plus.

Exemple chiffré

Le 1er janvier, Bob achète 1 BTC pour 10 000 €. Le 3 mars, le bitcoin vaut 35 000 € et Bob reçoit un airdrop de 20 000 jetons valant 20 000 €, qu’il revend aussitôt contre euros. Il relève du micro-BNC et sa tranche marginale d’imposition (TMI) est de 30 %.

Impôt sur le revenu. Base imposable de 20 000 × (1 − 34 %) = 13 200 € ; impôt de 13 200 × 30 % = 3 960 € ; prélèvements sociaux de 13 200 × 18,6 % = 2 455 €. Soit 6 415 € au total.

Impôt sur la revente. Prix total d’acquisition de 10 000 + 20 000 = 30 000 € ; valeur globale du portefeuille de 35 000 + 20 000 = 55 000 €. Plus-value de 20 000 − (30 000 × 20 000 / 55 000) = 9 091 €, imposée à 31,4 %, soit 2 855 €.

Bilan. Bob paie 9 270 € d’impôt, soit 46,3 % des 20 000 € reçus, alors que ses jetons n’ont pas pris un centime. Le calcul applique la TMI à toute la base et ne tient pas compte de la CSG déductible.

Le calculateur reprend l’exemple de Bob. Remplacez les montants par les vôtres et faites varier la part revendue : il indique aussi combien vendre pour couvrir l’impôt.

 

1- Vos jetons reçus
Un revenu, deux impôts : combien coûte la revente de vos jetons ?

Les jetons reçus sont imposés comme un revenu. Si vous les revendez aussitôt, même sans hausse de cours, la revente fait ressortir la plus-value latente de votre portefeuille : un second impôt.

En euros, au jour de la réception.
€
Prix total d’acquisition, avant la réception.
€
Juste avant la réception.
€

d’impôt

Impôt sur la plus-value déclenchée par la revente
Jetons conservés, à leur valeur de réception
Produit de la vente, encaissé en euros
Solde en euros, une fois l’impôt payé

Simulation indicative. Hypothèses : impôt sur le revenu au taux de votre tranche marginale sur toute la base ; plus-value imposée à 31,4 % ; jetons reçus intégrés au prix total d'acquisition pour leur valeur à la réception, y compris lorsqu'ils ne sont pas imposables ; cours inchangé entre la réception et la revente ; une seule cession dans l'année. Références : CGI, art. 92, 102 ter, 150 VH bis et 200 A. Ne remplace pas l'analyse de votre dossier par un avocat.

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Comment déclarer ses revenus crypto ?

Les revenus crypto se déclarent sur la déclaration complémentaire 2042-C-PRO, l’année suivant leur perception. Les cessions et les comptes ouverts à l’étranger font l’objet de déclarations distinctes, à souscrire la même année. En omettre une suffit à fragiliser l’ensemble.

Cases de la 2042-C-PRO pour les revenus crypto

La case dépend du régime, micro-BNC ou déclaration contrôlée, et du caractère professionnel ou non de l’activité. En micro-BNC, vous déclarez les recettes brutes : l’administration applique elle-même l’abattement de 34 %.

Sources : notices des déclarations 2042 et 2042-C-PRO ; CGI, art. 150 VH bis et 1649 bis C.
Ce que vous déclarezFormulaireCase
Revenus BNC non professionnels, micro-BNC2042-C-PRO5KU (recettes brutes, avant abattement)
Revenus BNC professionnels, micro-BNC2042-C-PRO5HQ
Revenus BNC, déclaration contrôlée2042-C-PRO5JG (non professionnels) ou 5QC (professionnels)
Cessions de crypto-actifs de l’annéeFormulaire des plus-valuesVoir le tutoriel cité plus haut
Intérêts de prêt de crypto-actifs20422TR
Comptes ouverts à l’étranger3916-bisVoir les questions fréquentes

Justificatifs des revenus crypto à conserver

Un fichier de suivi comportant une ligne par flux est l’outil qui fait la différence en cas de contrôle. Il indique la date, la nature de l’opération, la quantité, le cours retenu, la valeur en euros et le régime applicable.

Les relevés des plateformes ne suffisent pas toujours. Complétez-les par vos propres captures et par les horodatages on-chain.

Comment régulariser des revenus crypto non déclarés ?

Des revenus crypto non déclarés se régularisent par une déclaration rectificative, pour chaque année non prescrite. Déposée spontanément avant tout contrôle, elle laisse dus l’impôt et l’intérêt de retard, mais écarte en principe les majorations de 40 % et 80 %. L’intérêt de retard, de 0,20 % par mois, est alors réduit de moitié (CGI, art. 1727, V).

Voir notre guide de la déclaration rectificative crypto et notre calculateur de délai de reprise fiscale.

Le calendrier compte. Depuis le 1er janvier 2026, les plateformes collectent les données de leurs clients au titre de la directive DAC 8, et les premiers échanges entre administrations auront lieu en 2027.

Questions fréquentes sur la fiscalité des revenus crypto

Oui. L’imposition intervient à la disponibilité de la récompense, sur sa valeur en euros à cette date. Peu importe que vous l’ayez convertie ou non.

Le revenu est imposable dès qu’il est disponible, c’est-à-dire dès que sa perception ne dépend plus que de votre seule volonté. Ne pas claim ne diffère pas l’imposition.

C’est le cas le plus discuté. Une lecture littérale des textes conduit à l’écarter du champ de l’impôt lorsque aucune action du bénéficiaire n’a eu d’incidence sur la décision de l’émetteur. Le risque que cette lecture soit écartée reste élevé : sur des montants significatifs, le rescrit assorti d’une mention expresse est la voie la plus sûre.

Non. La revente est une cession, imposée à 31,4 % sur la fraction de la plus-value latente de tout votre portefeuille qu’elle fait ressortir. Cet impôt s’ajoute à celui dû sur le revenu à la réception.

Les jeux de casino en ligne ne sont pas autorisés en France. Le gain de pur hasard n’est pas imposable en lui-même, mais chaque mise en cryptos et chaque conversion des gains sont des cessions imposables. Un gain dont l’origine n’est pas justifiée peut être taxé comme revenu d’origine indéterminée : la voie à suivre est la régularisation.

Selon notre analyse, oui : ce sont des revenus de créances, soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, sauf option globale pour le barème. Le prêt de jetons peut toutefois être lui-même analysé comme une cession imposable.

Le barème progressif de l’impôt sur le revenu, de 0 à 45 %, auquel s’ajoutent 18,6 % de prélèvements sociaux pour les BNC non professionnels. En micro-BNC, un abattement de 34 %, d’au moins 305 €, s’applique d’abord aux recettes.

Elle l’est si elle est exercée à titre habituel et constant et dans un but lucratif. Le minage peut l’être selon les cas, le staking délégué beaucoup plus rarement. Faites le quiz trader crypto professionnel ou particulier.

Oui, chaque année, sur le formulaire 3916-bis. L’omission est passible d’une amende de 750 € par compte et par année, portée à 1 500 € lorsque la valeur du compte dépasse 50 000 €. Voir comment déclarer ses comptes crypto à l’étranger.

Pas pour quelques récompenses de staking correctement suivies. Oui dès que les montants sont significatifs, qu’un airdrop important doit être qualifié, qu’il faut reconstituer plusieurs années ou que l’administration vous a écrit.

Sources : CGI, art. 34, 79, 92, 93, 96, 102 ter, 117 quater, 124, 125, 150 VH bis, 200 A, 1649 bis C, 1727 (II, 1° et V), 1729 et 1736, X ; code de la sécurité sociale, art. L. 136-6 et L. 136-8 ; loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026, art. 12 ; code civil, art. 1892 et 1893 ; BOI-BNC-CHAMP-10-10-20-40 ; BOI-RPPM-RCM-10-10-40 ; BOI-RPPM-RCM-20-10-10 ; BOI-CF-INF-10-10-10 ; BOI-CF-INF-10-10-20 ; directive (UE) 2023/2226 (DAC 8).

Article mis à jour le 12 octobre 2026. Il ne constitue pas un conseil juridique : les régimes exposés reposent pour l’essentiel sur une jurisprudence non codifiée, et chaque situation s’apprécie séparément.

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