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Illustration de la page d’ORWL Avocats sur l’émission d’un stablecoin (EMT) sous MiCA : statut de l’émetteur, white paper et remboursement au pair

Émettre un stablecoin sous MiCA

William O'Rorke
Mis à jour le 22 octobre 2026
William O’Rorke
Associé

Sous le règlement MiCA, un stablecoin adossé à une seule monnaie officielle est un jeton de monnaie électronique (EMT). Seuls un établissement de crédit ou un établissement de monnaie électronique (EME) peuvent l’émettre, après avoir notifié un white paper à leur autorité. ORWL Avocats accompagne les émetteurs d’EMT, du statut de l’établissement à la vie du jeton.

Qui peut émettre un stablecoin sous MiCA ?

Le règlement MiCA distingue deux familles de stablecoins. Le jeton de monnaie électronique (EMT) se réfère à la valeur d’une seule monnaie officielle. Le jeton se référant à un ou des actifs (ART) se réfère à une autre valeur ou à une combinaison de valeurs. La plupart des projets européens portent sur des EMT en euro ou en dollar.

Un EMT est de la monnaie électronique. Les règles de la directive sur la monnaie électronique s’y appliquent donc, sauf lorsque le règlement MiCA en dispose autrement. Pour offrir un EMT au public ou demander son admission à la négociation dans l’Union, l’émetteur doit :

  • être agréé comme établissement de crédit ou comme EME ;
  • avoir notifié et publié un white paper conforme au règlement MiCA ;
  • informer son autorité de son projet au moins 40 jours ouvrables avant l’offre ou la demande d’admission.

En France, l’autorité compétente est l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). Un tiers, par exemple une plateforme de négociation, peut offrir le jeton ou demander son admission, mais seulement avec l’accord écrit de l’émetteur.

Le point de départ dépend du projet. Une banque ou un EME déjà agréé vérifie que son programme d’activité couvre l’émission du jeton et adapte son organisation. Une fintech sans statut doit d’abord devenir EME : le cabinet conduit aussi l’agrément d’établissement de monnaie électronique auprès de l’ACPR.

EMT ou ART : quel statut pour votre jeton ?

Le règlement MiCA classe un stablecoin selon ce à quoi il se réfère. Ce classement fixe le statut de l’émetteur, l’autorité qui le surveille et la documentation à produire.

EMT
Se réfère à une seule monnaie officielle, l’euro ou le dollar par exemple. Émis par un établissement de crédit ou un EME, avec un white paper notifié à l’ACPR.
ART
Se réfère à une autre valeur ou à un panier : plusieurs monnaies, matières premières, crypto-actifs. L’émetteur obtient un agrément propre de l’ACPR, qui approuve aussi le white paper. Ces projets restent rares.
Autre crypto-actif
Ni EMT ni ART : jeton utilitaire, jeton de gouvernance, jeton de projet. Il suit le régime du white paper notifié, sauf s’il constitue un instrument financier.

Le cabinet accompagne aussi les projets d’ART, de la conception de la réserve à l’agrément, et rend des avis de qualification des jetons au regard de MiCA.

Quelles obligations pèsent sur l’émetteur d’un EMT ?

Le règlement MiCA ajoute aux règles de la monnaie électronique un régime propre aux EMT. Il tient en quelques principes :

  • l’émetteur émet le jeton au pair, à réception des fonds ;
  • le détenteur dispose d’une créance sur l’émetteur et peut obtenir à tout moment le remboursement au pair, en fonds et sans frais ;
  • au moins 30 % des fonds reçus restent déposés sur des comptes ségrégués auprès d’établissements de crédit ; le solde est placé en instruments financiers très liquides, à risque minimal, libellés dans la même monnaie que le jeton ;
  • aucun intérêt ne peut être versé au détenteur ;
  • l’émetteur établit un plan de redressement et un plan de remboursement des détenteurs.

S’y ajoutent les exigences de l’établissement lui-même : fonds propres, protection des fonds, gouvernance, contrôle interne et dispositif de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme, que le cabinet met aussi en place pour les acteurs crypto.

ThèmeExigenceLivrables attendus
Statut de l’émetteurÉtablissement de crédit ou EME agréé ; préavis à l’ACPR avant l’offre ou l’admissionDossier d’agrément d’EME ou note sur le programme d’activité, notification d’intention
Émission et remboursementÉmission au pair, à réception des fonds ; remboursement à tout moment, au pair et sans fraisPolitique de remboursement, conditions du jeton, procédures opérationnelles
Placement des fonds reçusUne part minimale en dépôts bancaires, le solde en actifs sûrs et liquides libellés dans la même monnaiePolitique de placement, conventions de comptes ségrégués, contrats avec les dépositaires
Interdiction des intérêtsAucune rémunération liée à la durée de détention, versée par l’émetteur, un PSCA ou un tiersAnalyse des programmes de récompenses, clauses des contrats de distribution
White paperNotifié à l’ACPR avant sa publication, publié, tenu à jourWhite paper, version au format lisible par machine, notification
Communications commercialesIdentifiables, loyales, cohérentes avec le white paper, avec mention du droit au remboursementRevue des supports, procédure de validation interne
Plans de redressement et de remboursementRétablir la situation en cas de crise ; à défaut, rembourser les détenteurs de façon ordonnéePlan de redressement, plan de remboursement
Distribution par des tiersOffre ou admission par un tiers avec l’accord écrit de l’émetteurAccord écrit de distribution, contrats avec les PSCA

Comment notifier le white paper d’un EMT ?

Le white paper présente le jeton à ceux qui l’acquièrent. Il décrit :

  • l’émetteur ;
  • le jeton, l’offre au public ou l’admission à la négociation ;
  • les droits et obligations attachés au jeton, dont les conditions de remboursement ;
  • la technologie utilisée et les risques ;
  • les principales incidences sur le climat et l’environnement du mécanisme de consensus.

Le document indique qu’aucune autorité ne l’a approuvé. Il suit le modèle fixé par les normes techniques européennes, dans un format lisible par machine.

L’émetteur notifie le white paper à l’ACPR au moins 20 jours ouvrables avant sa publication. Ce délai s’ajoute au préavis de 40 jours ouvrables sur le projet lui-même : le calendrier de lancement doit intégrer les deux. L’ACPR n’approuve pas le white paper. L’émetteur et les membres de son organe de direction répondent des informations qu’il contient. Tout fait nouveau important impose un white paper modifié, notifié à son tour.

Nous rédigeons le white paper, préparons les deux notifications et répondons aux questions de l’ACPR. Le cabinet rédige aussi le white paper des autres crypto-actifs et accompagne leur lancement.

Distribution, intérêts et usage du stablecoin

Distribution par les PSCA

Un EMT circule surtout par les plateformes et les autres prestataires de services sur crypto-actifs (PSCA). Ceux-ci ne peuvent l’offrir ou l’admettre qu’avec l’accord écrit de l’émetteur, et doivent eux aussi respecter l’interdiction des intérêts et les règles sur les communications commerciales. Les plateformes de l’Union ne peuvent offrir ou admettre que des stablecoins dont l’émetteur respecte le règlement MiCA. Nous rédigeons les accords de distribution : traitement des demandes de remboursement, information des détenteurs, gestion des incidents, communication.

Intérêts et programmes de récompenses

Ni l’émetteur ni les PSCA ne peuvent verser d’intérêts sur un EMT. La notion est large : toute rémunération ou tout avantage lié à la durée de détention compte comme un intérêt, y compris une remise ou une compensation versée par un tiers ou intégrée au prix d’un autre produit. Nous analysons chaque programme de récompenses avant son lancement, du côté de l’émetteur comme de ses distributeurs.

Services sur EMT et services de paiement

L’Autorité bancaire européenne (ABE) considère que la conservation et le transfert d’EMT pour le compte de clients constituent aussi des services de paiement. Les PSCA qui fournissent ces services doivent alors cumuler deux statuts. Le cabinet discute cette lecture, mais l’organise pour ses clients : ORWL Avocats accompagne le double statut PSCA et établissement de paiement.

EMT libellé dans une devise hors UE

Un EMT en dollar suit des règles de suivi propres. Lorsque son usage comme moyen d’échange dans une même zone monétaire dépasse en moyenne un million de transactions et 200 millions d’euros par jour, l’émetteur cesse d’en émettre et présente à l’ACPR, dans les 40 jours ouvrables, un plan pour revenir sous ces seuils. Le suivi de ces volumes se prépare dès la conception du jeton.

EMT d’importance significative

L’ABE classe un EMT comme important au regard de critères fixés par le règlement MiCA : nombre de détenteurs, valeur émise, nombre et valeur des transactions, liens avec le système financier. L’EME émetteur suit alors les règles de la réserve d’actifs applicables aux ART et des exigences de fonds propres renforcées, et l’ABE prend part à sa surveillance. L’ACPR peut aussi imposer certaines de ces règles à un émetteur d’EMT non important.

Émission multiple

Certains groupes émettent le même jeton dans l’Union et hors de l’Union. Le règlement MiCA ne traite pas ces montages de façon expresse. La Commission européenne a indiqué, dans sa consultation de mai 2026 sur la révision du règlement, qu’il ne les interdit pas ; la Banque centrale européenne et le Comité européen du risque systémique ont exprimé des réserves. La révision du règlement peut changer la règle : un projet de ce type exige une analyse au cas par cas de la réserve, des droits des détenteurs et de la répartition des remboursements.

Notre méthode pour l’émission d’un EMT

Nous conduisons le volet réglementaire du projet, du premier cadrage à la vie du jeton. Nous travaillons avec les équipes produit, conformité et techniques de l’émetteur, ses commissaires aux comptes et ses banques dépositaires.

01
Cadrage du projet
Devise de référence, blockchains, circuit de distribution, qualification du jeton.
02
Statut de l’émetteur
Revue du programme d’activité de l’EME ou de la banque, ou demande d’agrément d’EME.
03
Documentation MiCA
White paper, politiques de remboursement et de placement, plans de redressement et de remboursement.
04
Notification à l’ACPR
Préavis d’intention, notification du white paper, réponses aux questions de l’autorité.
05
Distribution
Accords écrits avec les PSCA, contrats avec les dépositaires et les prestataires techniques.
06
Vie du jeton
White paper modifié, communications, suivi des seuils, passage éventuel sous la surveillance de l’ABE.

Après le lancement, nous assurons le suivi : mise à jour du white paper, revue des communications, échanges avec l’ACPR lors des contrôles. Le cabinet traite aussi la fiscalité de l’émission et de l’émetteur (Droit fiscal).

Pourquoi travailler avec ORWL Avocats ?

Depuis 2018, le cabinet accompagne des établissements de monnaie électronique et des banques qui ajoutent l’émission d’un EMT à leur activité, des fintechs du paiement en cours d’agrément, des groupes crypto qui veulent émettre un stablecoin en euro et des émetteurs établis hors de France qui choisissent de s’y implanter. Il a accompagné plusieurs émetteurs de stablecoins. Le cabinet figure dans les classements Chambers FinTech et Leaders League.

L’avocat apporte à l’émission d’un stablecoin ce qu’un consultant ne peut offrir : la qualification juridique du jeton et des services qui l’entourent, le secret professionnel sur le projet et sa structure, la responsabilité de son conseil. Notre pratique croisée du paiement et des crypto-actifs nous permet de traiter dans un même dossier le statut de l’émetteur, le white paper, les contrats de distribution et les échanges avec l’ACPR. Notre compréhension technique des blockchains et des contrats intelligents facilite le dialogue avec les équipes qui conçoivent le jeton.

Un associé conduit chaque dossier, du cadrage du projet à la vie du jeton.

L’expertise Regulatory d’ORWL Avocats

ORWL Avocats est reconnu pour son accompagnement des émetteurs de crypto-actifs, des établissements de paiement et de monnaie électronique devant l’ACPR et des prestataires qui fournissent des services de paiement sur crypto-actifs. Le cabinet conseille aussi les plateformes et les prestataires sur crypto-actifs dans l’ensemble de leurs démarches réglementaires.

Parler de votre stablecoin à un associé

Questions fréquentes sur l’émission d’un stablecoin

L’EMT se réfère à la valeur d’une seule monnaie officielle. L’ART se réfère à une autre valeur ou à une combinaison de valeurs, qui peut inclure plusieurs monnaies. L’émetteur d’un EMT doit être un établissement de crédit ou un établissement de monnaie électronique ; l’émetteur d’un ART, s’il n’est pas un établissement de crédit, obtient un agrément propre, délivré en France par l’ACPR.

Le règlement MiCA ne crée pas d’agrément propre à l’EMT. L’émetteur doit être agréé comme établissement de crédit ou comme établissement de monnaie électronique, puis notifier son white paper à l’ACPR. Un EME déjà agréé vérifie que son programme d’activité couvre l’émission du jeton.

Émettre un EMT n’exige pas d’agrément de PSCA. En revanche, conserver des crypto-actifs pour des clients, les échanger ou les transférer sont des services sur crypto-actifs. Un EME peut fournir la conservation et le transfert des EMT qu’il émet après une notification à son autorité ; pour les autres services, un agrément de PSCA reste nécessaire.

Oui. Le détenteur d’un EMT dispose d’une créance sur l’émetteur. Il peut demander à tout moment le remboursement au pair, en fonds et sans frais. Le white paper doit présenter les conditions de remboursement de façon visible.

Les fonds reçus restent protégés selon les règles de la monnaie électronique. Au moins 30 % sont toujours déposés sur des comptes ségrégués auprès d’établissements de crédit. Le solde est placé en instruments financiers très liquides, à risque minimal, libellés dans la même monnaie que le jeton.

Non. Ni l’émetteur ni les PSCA ne peuvent verser d’intérêts sur un EMT. Toute rémunération ou tout avantage lié à la durée de détention compte comme un intérêt, y compris une remise ou une compensation versée par un tiers. Chaque programme de récompenses s’analyse avant son lancement.

L’émetteur informe l’ACPR de son projet au moins 40 jours ouvrables avant l’offre au public ou la demande d’admission à la négociation. Il lui notifie le white paper au moins 20 jours ouvrables avant sa publication. L’ACPR n’approuve pas le document : l’émetteur en répond.

Un EMT libellé dans une monnaie qui n’est pas celle d’un État membre suit des règles de suivi propres. Si son usage comme moyen d’échange dans une même zone monétaire dépasse en moyenne un million de transactions et 200 millions d’euros par jour, l’émetteur cesse d’en émettre et présente un plan de réduction à l’ACPR dans les 40 jours ouvrables.

Le paquet PSD3 et PSR, encore en cours d’adoption, supprime le statut d’EME : l’émetteur deviendra un établissement de paiement autorisé à émettre de la monnaie électronique. Chaque établissement devra obtenir un nouvel agrément dans les 21 mois qui suivent l’entrée en vigueur de PSD3. Le cabinet recommande de préparer ce dossier dès la publication des textes.


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